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HISTORIQUE

La date de construction du château de Vigny reste imprécise à ce jour, la présence d’un manoir, ou d’une place forte sur le site est en revanche attestée à Vigny en 1377. Il faut attendre 1504, date à laquelle le cardinal Georges 1 d’Amboise acquiert la seigneurie de Vigny pour voir pour la première fois la mention de chastel. C’est ce dernier qui embellit, voir reconstruit alors considérablement le château où il aimait se reposer loin des affaires politiques. Il est intéressant de noter que le cardinal assistait durant cette même période son neveu Charles II de Chaumont d’Amboise à la reconstruction du château de Chaumont-sur-Loire dont il est assez tangible de mettre en lumière une certaine correspondance de conception avec le château de Vigny. L’édifice revint à sa mort à son neveu Georges II d’Amboise, évêque de Clermont, qui l’habita fréquemment et agrandit le domaine par l’achat de terres et du manoir dit de la Compté. C’est après sa disparition en 1550 que le fief sera vendu à l’illustre Connétable Anne de Montmorency.

On sait peu de chose sur les aménagements que le connétable a pu effectuer au château. Il est en revanche attesté que ses armes sculptées ornaient alors l’entrée de la demeure et qu’il y passa tout de même quelques séjours à la lecture de ses correspondances. Le roi Henri II y passa semble-t-il une nuit durant l’année 1555. Anne de Montmorency s’éteint en 1563, le domaine revint alors par jeu de succession à Charles de Montmorency qui y fit de nombreux travaux d’embellissement, notamment dans le parc, à partir de 1583. En 1612, n’ayant pas d’héritier, Vigny revint à son neveu Henri II, duc de Montmorency, décapité pour trahison à Toulouse en 1632, puis restitué à sa sœur Marguerite de Montmorency, duchesse de Ventadour. C’est à cette période que remontent deux lettres du roi Louis XIII écrites depuis Vigny qui témoignent d’un certain attachement du monarque envers ce domaine. En 1660, une description du château et du parc fut dressée par la duchesse de Ventadour, mentionnant un château composé de trois ailes et doté de 6 tours formant une cour presque carrée. Ce dernier fut par la suite légué à Louis-Charles de Lévis, duc de Ventadour, dont la fille unique s’unira en 1694 au prince de Rohan.

A sa disparition en 1727, Vigny devint la propriété de son petit-fils Charles de Rohan âgé de 12 ans, prince de Soubise, futur maréchal de France et ami de Louis XV. Il est relaté de cette époque la célébration d’une grande fête qui fut donnée à Vigny en 1729 pour la naissance du dauphin, futur père de Louis XVI, preuve de l’occupation de l’édifice. Charles de Rohan dut cependant céder en raison de problèmes financiers l’usufruit de Vigny à J-B Yvel. son fils adoptif, puis à un certain Pierre-Nicolas Cominet qui mourut en 1817. A la mort du maréchal en 1787, ses héritiers successifs n’ont donc pas joui directement du domaine, ses quatre héritiers décidèrent de s’en séparer en 1822 par une vente à M. Declercq. Il retourne à la famille de Rohan en 1829 avec le rachat par Louis-Victor Meriac, prince de Rohan- Guéménée, Duc de Montbazon. Il s’en séparera ensuite en 1844 au profit de Mme Caffin, marquant ainsi la fin de l’occupation des lieux par les Rohan. Cette dernière le céda par la suite à Mme Victorine Legrand, épouse Touchard en 1851.

C’est le 8 novembre 1867 que le comte Philippe Vitali acquiert le château dans un état d’abandon avancé. Il semble en effet que les différents propriétaires ayant succédé aux Montmorency n’aient pas entretenu sérieusement le château et son domaine, entraînant même la disparition de la troisième aile ouest du château décrite en 1660 et dont les fondations seront retrouvées au cours de fouilles effectuées en 1888. Quelques éléments iconographiques de la fin du XIXe siècle nous offre un aperçu du château tel qu’il se présentait avant les travaux entrepris par le comte. Une gravure de Boulard Fils et une photo d’Eugène Lefèvre-Pontalis nous montrent ainsi des représentations de la façade nord où l’on observe le château sans l’ajout de la chapelle à l’ouest. Le château était alors entouré d’une platebande qui séparait sa base de quelques mètres des douves. Un plan masse de l’architecte Georges Tubeuf nous présente ainsi l’implantation du bâtiment où apparait très clairement l’édifice tel que le comte Vitali le reçut au moment de son acquisition.

Le comte confia la restauration et l’extension du château de Vigny à l’architecte Charles-Henri Cazaux, disciple de Viollet le Duc qui venait alors d’intervenir sur le Château Guillaume dans l’Indre. Il fit agrandir l’aile sud par la construction d’un imposant donjon et compléta l’aile ouest par une chapelle. La tour carrée subsistant côté cour fut complétée d’un dernier niveau en encorbellement. Les douves furent prolongées jusqu’au pied du château et la cour intérieure réduite pour former un îlot. Les couvertures furent quant à elles ornées de lignes de faîtage et d’épis monumentaux qui furent disposés sur chaque tour. Les intérieurs furent tous aménagés dans un style néo-médiéval, le comte prit soin de décorer ses salons de meubles d’époque, de tapisseries des Gobelins et de toiles des XVème et XVIIème siècles.

Ce ne sont cependant pas ici les derniers travaux entrepris par les comtes Vitali sur le château. Des terrasses sont en effet aménagées le long des ailes nord et est du château côté cour, entre 1902 et 1912, créant ainsi des galeries de distribution en rez-de-chaussée pour les salons et la chapelle. Les fenêtres des premiers et deuxièmes étages se voient par ailleurs transformées en croisées, reprenant les mêmes dispositions que les lucarnes. Il est fort probable que l’installation de l’ascenseur ait été effectuée dans cette même période de travaux, correspondant semble-t-il aux dernières modifications d’envergure apportées au château.

CHâteau de Vigny copyright 2016